Une méthode du surgissement
L'automatisme occupe une place centrale dans la définition du surréalisme formulée par André Breton en 1924. Il propose de laisser fonctionner la pensée avec le moins de contrôle rationnel possible, par l'écriture, le dessin ou d'autres procédés.
Cette méthode ne produit pas une absence totale de choix. Le texte peut être repris et l'image reconnue après l'apparition des premiers traits. L'automatisme déplace donc le moment de la décision plutôt qu'il ne supprime toute composition.
La ligne qui précède la figure
Dans les dessins automatiques d'André Masson, la ligne se développe sans sujet préparé. Des corps, des objets et des tensions apparaissent ensuite dans ce réseau. Le regard de l'artiste intervient pour sélectionner, accentuer ou prolonger certaines formes.
Les revues surréalistes donnent une large place à ces expérimentations. Elles rapprochent littérature, photographie, dessin et typographie dans un même espace éditorial.
Transe, sommeil et atelier
Les surréalistes explorent également les récits de rêves, les séances de sommeil et les associations verbales. Ces pratiques empruntent parfois le vocabulaire du spiritisme tout en cherchant une explication du côté de l'inconscient.
L'automatisme reste ainsi traversé par une ambiguïté féconde. Le geste peut être décrit comme message venu d'ailleurs, manifestation psychique ou technique artistique. L'œuvre conserve la trace de cette concurrence entre plusieurs interprétations.
