Une doctrine rendue visible
Mani naît au troisième siècle dans l'espace mésopotamien. Fondateur du manichéisme, il se présente comme enseignant, organisateur et auteur. Les traditions de son Église lui attribuent aussi une remarquable maîtrise de la calligraphie et de la peinture de livre.
La complexité de sa cosmologie rend l'image particulièrement utile. Lumière, matière, chute et salut peuvent être ordonnés dans une composition que le discours seul ne restitue pas avec la même immédiateté.
Le Livre des images
Les sources mentionnent un ouvrage illustré parfois appelé l'Image, le Livre des images ou Arzhang selon les langues et les traditions. Il aurait accompagné l'enseignement de Mani en donnant une forme visuelle à ses propositions doctrinales.
Aucun exemplaire certain de ce livre original n'est conservé. Les témoignages tardifs, les fragments manichéens et les traditions persanes ont entretenu la réputation de Mani le peintre, sans permettre une reconstruction complète de l'objet.
Une mémoire artistique durable
L'art manichéen s'est développé bien au-delà de la vie de son fondateur. Peintures murales, manuscrits enluminés et calligraphies découverts en Asie centrale montrent l'importance accordée à la transmission visuelle.
Il faut toutefois distinguer les œuvres historiques conservées, les descriptions du livre de Mani et les légendes postérieures. La disparition de l'original ouvre un champ de recherche, sans autoriser toutes les identifications.
